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Le sol empli d'infortune est la plaine de Karbala. En ce désert fut mis à mort le Prince aux lèvres altérées. C'est le temps des cris pour la langue, le temps des pleurs pour les yeux."
Au XVIe siècle, le poète iranien Mohtacham écrit encore des odes funèbres à Hussein, fils d'Ali, petit-fils du prophète Mahomet, assassiné neuf siècles plus tôt à Karbala. Karbala, où une antique rivalité tribale et une lutte de pouvoir inégale ont dégénéré en un drame cosmique dont la lamentation chiite, depuis, entretient l'impérissable souvenir.
A Karbala, petite localité du désert irakien, la mort de soif attend les proches d'Hussein. Nous sommes en octobre 680 (muharram 61, selon le calendrier musulman). L'armée des Omeyyades, la dynastie régnante à Damas, leur coupe l'accès à l'eau de l'Euphrate et la route de Koufa, au sud de Bagdad. Hussein est le petit-fils que chérissait le Prophète. Il le soulevait sur ses épaules et le serrait entre ses bras. Mais aujourd'hui son sort semble scellé, et il médite sur le tragique destin de sa famille, de son père Ali, lui aussi assassiné. Ecoutant la plainte de la population de Koufa tyrannisée par Yazid l'imposteur, le calife omeyyade, il a pris la route de l'Irak, sans intention d'en découdre. Il n'a d'ailleurs pour escorte que sa famille et quelques dizaines d'hommes, mais son expédition ressemble à une marche vers la mort. Muslim Aqil, son cousin, parti en avant-garde, est tué. Les notables de Koufa le lâchent un à un. Hussein tente de négocier avec Yazid, est prêt à faire allégeance quand un émissaire exige une reddition humiliante.

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