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Otto DIX - metropolis - (image plein ecran)

Ce panneau central met en scène une partie de la société opulente qui semble étanche aux problèmes de la société et au monde extérieur. Les laissés pour compte sont ignorés. Otto Dix montre ainsi une République de Weimar, cloisonnée , se voile la face, en plein déni d'elle même, refusant d'affronter les traumatismes subis. Dans la ville, tensions et tentations et exorbitations, exacerbent une impuissance physique et économique. L'artiste pose un regard à la fois acerbe et douloureux sur cette société des années folles, cloisonnée, dans laquelle une minorité indifférente et riche oublie les traumatismes et les inégalités de la majorité.
Grande Ville (titre original allemand : Großstadt) (1927-1928) est un tableau sous forme de triptyque du peintre allemand Otto Dix. Ce triptyque, d'une largeur totale de 402 centimètres a nécessité de nombreuses études préalables et deux années de réalisation (1927-1928).

Otto Dix (Untermhaus, près de Gera, 2 décembre 1891-Singen, 25 juillet 1969) est un peintre et graveur allemand associé aux mouvements de l'expressionnisme et est un des fondateurs de la Nouvelle Objectivité.

Le panneau latéral droit montre un quartier bourgeois et le panneau latéral gauche met en scène les bas fonds.
Sur chaque panneau latéral, deux cortèges de femmes sont représentées dans deux scènes de rue à la symétrie inversée. Prostituées (panneau latéral gauche) ou demi mondaines (panneau latéral droit), les femmes sont apparentées à des objets de consommation. Elles renforcent ainsi l’impuissante tension des hommes à terre.
Les figures masculines présentes sur chaque panneau latérale montrent les traumatismes de la guerre. Sur chaque panneau latéral, l'homme est mutilé de ses membres inférieurs : soit il se tient debout avec l'aide de béquilles (panneau de gauche) soit il est assis sur son buste (panneau de droite). L'homme sur le panneau droit est blessé en plus à la face qui est partiellement cachée et ses moignons sont exhibés. Il symbolise les gueules cassées. Il semble faire un salut militaire de la main droite.
Ces corps masculins, mémoire de la guerre, témoignent des douleurs des combats. La thématique de la guerre est particulièrement obsédante pour ce peintre, ancien combattant et engagé volontaire lors de la première guerre mondiale.
Sur le panneau latéral gauche, un homme avec un corps intact est étendu sur le sol : est ce une allusion à la guerre (un homme blessé par une balle) ou à une société débauchée (un homme ivre mort couché sur le sol) ?
Les hommes ne sont que envisagés que comme des intrus dans la partie opposée des panneaux. Ils ne suscitent que rejet ou absolue indifférence. Le chien qui aboie corrobore d'ailleurs l'idée d'exclusion (panneau latéral gauche).
Chacun de ces hommes a survécu à la guerre. Mais les séquelles ont à jamais meurtri leurs corps. L'espoir d'un retour à un ordre ancien n'est plus jamais envisageable. La destruction du corps s’inscrit définitivement dans la durée de la vie et dans la société.
Les hommes sont condamnés à l’immobilité ou bien la précarité de l’équilibre du corps interdit le mouvement, créant un contraste particulièrement frappant avec le tourbillon des danseurs du panneau central.

Dix, Otto 1891–1969.
“Metropolis” (Triptych), 1927–28.
Oil on wood, 540 × 300 cm.
dix (otto) - metropolis 1928 copie - 201 sur 652