arpoma.com - connaitre pour mieux comprendre - histoire arts culture actualite la culture en quelques clics
page precedente     retour menu     actualiser     rechercher
(liste) (mosaique) (swipe)
.. / .. / @selection      
◀◀       681 sur 979     ►► 

Henri MATISSE - la femme en bleu - (image plein ecran)

La série des Nus bleus (1952) reprend une pose de nu assis traitée de nombreuses fois, en peinture mais aussi en sculpture: Nu assis, Olga, 1910; Il y a dans cette dernière sculpture, un sentiment d'immédiateté, de présence directe, quelque chose de la grandeur familière de certaines idoles,
Matisse peut se permettre, sans crainte de n'aboutir qu'à « des groupements de morceaux », d'accentuer des ruptures (jambes coupées, cuisses séparées du torse, cou fragmenté) confiant dans la relation tellement forte qu'il a instaurée entre ces « morceaux ».
C'est le jaillissement impitoyable d'une forme délivrée, dans l'espace.
Dans les Nus bleus, ce sont les vides, intervenant entre les morceaux découpés, qui mettent l'accent sur les articulations. Ce sont ces vides qui figurent les pleins, le gonflement des volumes (le « plus » d'une jambe pliée qui passe devant la cuisse). Loin de constituer des ruptures « préjudiciables à l'ensemble », les vides inscrivent la figure dans son espace propre, dans une lumière unifiée.
Composés stricto sensu, de morceaux, mais pas désarticulés, les Nus bleus sont peut-être l'aboutissement de la réflexion de Matisse sur la figure dans l'espace, et le point ultime de sa pratique de la sculpture :
La figure, le Nu bleu, est à présent parcourue d'espace. Non isolée, elle respire dans et par l'espace. Elle fait passage, elle est lieu d'échange et de circulation de la lumière, au même titre que les fenêtres si souvent présentes dans la peinture.

Extrait du catalogue Œuvres de Matisse, catalogue établi par Isabelle Monod-Fontaine, Anne Baldassari et Claude Laugier, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 1989
matisse (henri) - la femme en bleu - 681 sur 978