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MICHEL-ANGE - le jugement dernier (Chapelle Sixtine) - (image plein ecran)

Le Jugement dernier est une fresque peinte par Michel-Ange, alors âgé de soixante ans, sur le mur de l'autel de la chapelle Sixtine au Vatican. Commandé par le pape Clément VII, le travail dura six ans et fut inauguré par son successeur Paul III le 1er novembre 1541. La fresque s'étend sur un vaste mur de 16 mètres de haut sur 13 mètres de large, en forme de double lunette. Elle a pour thème le jour du jugement dernier, sujet fréquemment sur le mur d'entrée des églises. On pense que Clément VII voulait marquer les esprits après le terrible sac de Rome de 1527 par les lansquenets de Charles Quint.
Aux côtés de Jésus et de sa mère figurent les saints tenant les instruments de leur martyre, témoins de la foi. On peut reconnaître à leurs pieds les patrons de Rome, saint Barthélemy tenant sa peau écorchée, sur laquelle Michel-Ange s'est représenté, et saint Laurent avec son gril. À droite se trouvent saint Pierre tenant les clefs du Paradis, Adam et Ève, Ésaü et Jacob réconciliés, et d'autres martyrs. À gauche, des apôtres et Jean-Baptiste.

En bas, on voit : à gauche les morts tout juste ressuscités, que des anges emmènent vers le Christ pour être jugés ; à droite, les damnés repoussés par les anges et tirés vers l’enfer par des démons ; au centre, deux hommes que se disputent anges et démons, et qui s'accrochent à un chapelet - condamnation implicite des protestants, qui rejettent la dévotion à la Vierge.
Enfin, tout en bas de la fresque, on remarque deux personnages inspirés non par la Bible mais par la Divine Comédie de Dante : Charon, chassant les damnés hors de sa barque ; et Minos, affublé d'oreilles de cochon, représenté sous les traits du maître des cérémonies Biagio da Cesena, qui avait critiqué la fresque en présence du pape - offense que Michel-Ange, rancunier, n'avait pas pardonnée.

L'ensemble compose une scène saisissante, à la fois ordonnée et bouillonnante. Les personnages, parfois contorsionnés, semblent emportés dans un gigantesque mouvement d'ellipse. Michel-Ange offre une vision torturée et douloureuse du jugement dernier, loin de la calme majesté des représentations habituelles.

La vision et l'interprétation de l'œuvre ont été renouvelées par la longue restauration effectuée de 1981 à 1992. Celle-ci a dévoilé des couleurs étonnantes — bien que typiques du maniérisme — chez celui qu'on surnommait le « terrible souverain de l'ombre » : de hardis roses pastel, des jaunes citron, des verts acides, des bleus lapis-lazuli, des mauves saturés... La polémique se poursuit quant au bien-fondé de cette restauration. Des ombres portées à sec par Michel-Ange auraient été définitivement effacées.
michel-ange - Last Judgment. 1537-1541. Fresco. 1370 x 1220 cm. Sistine Chapel, Vatican - 683 sur 967