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2 - France euro - La fin de l'histoire du franc, vieille de plus de six siècles

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France euro - La fin de l'histoire du franc, vieille de plus de six siècles

(08-11-2001)


Franc




par Guillaume BONNET
PARIS, 8 nov (AFP) - Ecu ou louis d'or, teston, assignat: l'histoire du franc, dont le nom est apparu pour la première fois en 1360, en faisant l'une des monnaies européennes les plus anciennes, est parsemé de changements d'appellations.
En 1356, en pleine Guerre de Cent Ans, le roi de France, Jean II le Bon, est fait prisonnier par les Anglais à Poitiers (centre). Après avoir payé, quatre ans plus tard, la rançon exigée de trois millions d'écus d'or, le souverain put retourner dans son pays, "franc" des Anglais, c'est-à-dire libre.
C'est en cet honneur qu'est frappé en 1360 le premier franc de l'histoire des monnaies françaises: une pièce d'or valant une livre tournois et représentant Jean II le Bon, non plus sur son trône royal, mais à cheval et brandissant une épée dans sa main gauche.
Si le nom de "franc" resta à la pièce, il faudra attendre la Révolution française et l'Empire pour voir véritablement le franc s'installer.
Entretemps, Jacques Coeur, grand argentier du roi Charles VII, a ressuscité l'écu d'or en 1436, créé deux siècles plus tôt sous le règne de Saint-Louis.
A la Renaissance, l'écu s'efface devant l'essor du teston. Le mot vient de l'italien "testa" (tête). Lors des guerres d'Italie, Louis XII se laisse séduire par des pièces en argent sur lesquelles figure le portrait de princes italiens. Il fait frapper des testons avec son portrait.
Sous le règne de Henri II, la frappe de la monnaie s'harmonise en France avec la nomination d'un "tailleur graveur général". Il est chargé de fournir à tous les ateliers du royaume les modèles nécessaires à la fabrication des pièces. La monnaie porte alors tous les signes qui la caractériseront jusqu'à la fin du 18ème siècle: nom du souverain, marques de l'atelier et du graveur, date d'émission.
Louis d'or et écus d'argent se succèdent. On y voit le roi à différents âges de sa vie: mèche courte, mèche longue, buste juvénile, tête virile, etc.
A la Révolution, en 1789, l'Etat met en circulation l'assignat, une monnaie de papier, parfois métallique, gagée sur les biens confisqués de l'Eglise. Mais il ne cesse de se déprécier et disparaît en 1797.
Entretemps, le franc a refait son apparition. Mais, système décimal oblige, il est divisé en dix décimes, valant chacun dix centimes. Le système monétaire hérité de la Révolution sera conservé tout au long du 19ème siècle.
Durant la guerre de 14-18, l'Etat instaure le cours forcé du billet de banque et retire l'or de la circulation tout en poursuivant la frappe de pièces en argent. Devant le manque de petite monnaie, les chambres de commerce sont autorisées à émettre des "monnaies de nécessité" (jetons métalliques, petits billets, timbres dans une capsule).
Sous la IVème République, après la seconde guerre mondiale, le franc français ne cesse de se dévaluer. Le 27 décembre 1958, le général de Gaulle institue le nouveau franc, dont la valeur est égale à 100 anciens francs.
Entre le 1er janvier et le 17 février 2002, il disparaîtra complètement de la circulation, comme les onze autres monnaies de la zone euro, pour laisser la place aux billets et aux pièces de la nouvelle monnaie unique.
En Europe, ses cousins, les francs belge et luxembourgeois, qui empruntèrent son nom à la monnaie française au XIXème siècle, cèderont eux-aussi la place à l'euro. Sur le vieux continent, les derniers francs seront suisses, puis la Confédération helvétique a choisi pour l'instant de rester en dehors de l'Union européenne.
gbo/hr/lmt eaf