Brouage Aunis et Saintonge en images - photographies Francois Poulet-Mathis
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fenton - vallee de la mort

fenton - vallee de la mort
Roger FENTON - la vallee de l'ombre de la mort

Le gouvernement britannique avait déjà essayé de joindre une mission photographique à l'armée de Crimée, mais lors de la première tentative, le navire chargé du matériel et de la première équipe fit naufrage et fut perdu corps et bien. Lors de la seconde tentative, les officiers, trop hâtivement formés à cette technique, alors fort délicate2, ne purent jamais obtenir de résultats satisfaisants aussi décida-t-on de faire appel à la Royal Photographic Society, et Fenton fut volontaire. Il obtint un financement de la part du Ministère de la Guerre, de la Couronne et d'un éditeur de livres illustrés sur l'actualité, Thomas Agnew. Il se fit alors construire un fourgon photographique, emplit 36 coffres de matériel, engagea un cuisinier et un assistant, Marcus Sparling, et embarqua sur le navire Hecla à destination de la Crimée en février 1855.


Camp de cavalerie près de Balaklava
De mars à juin 1855, ils prirent environ 360 photos dans des conditions particulièrement difficiles. Il fallait travailler dès l'aube pour éviter que la chaleur intense ne détériore les bains, il fallait éviter les tirs de l'artillerie russe qui visaient régulièrement son fourgon mystérieux et très reconnaissable, et il fallait échapper à l'insistance des soldats qui voulaient tous se faire photographier ! Sans parler des problèmes liés aux déplacements d'un fourgon lourdement chargé au milieu d'un champ de bataille. En mission officielle, on dirait aujourd'hui de propagande, il n'a photographié que les aspects acceptables de la guerre, pas de soldats morts après l'assaut, pas de blessés dans les postes de secours, pas de malades agonisant3. Fenton a-t-il volontairement photographié une guerre propre en vue de défendre la politique de son pays ou n'a-t-il pas eu la possibilité d'en montrer les aspects les plus effrayants ? Il est évident que compte tenu du matériel utilisé, la lourde chambre photographique, les plaques de verre, etc. il ne pouvait que travailler avant ou après les combats, et hors de portée de l'ennemi. Il semble bien que son intention était, dans les limites imposées par les circonstances et la technique disponible, de montrer ce qu'était la guerre dans ces contrées lointaines. Il voulait informer, être un témoin, à une époque où la photographie était considérée comme représentant la vérité du moment.


Le Lieutenant Général Sir George Brown et son état-major
Il a ainsi fait un reportage sur les positions occupées par les armées alliées, le port, les fortifications, et sur les protagonistes (côté Alliés), les généraux, les officiers et les soldats sur leurs positions retranchées.
À la fin du mois de juin, atteint par le choléra qui faisait des ravages dans les rangs britanniques, il fut forcé de rentrer en Angleterre, peu de temps avant la bataille décisive de Sébastopol. C'est James Robertson et Felice Beato, arrivés peu de temps après, qui en feront quelques photographies.
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